Donation avec réserve d’usufruit : organiser la transmission sans perdre l’usage du bien
Publié le :
11/04/2026
11
avril
avr.
04
2026
Anticiper la transmission d’un bien tout en en conservant l’usage constitue une stratégie patrimoniale couramment mise en œuvre. Le démembrement de propriété permet d’organiser cette dissociation des prérogatives attachées au droit de propriété, en conciliant objectifs civils et fiscaux.
La dissociation entre usufruit et nue-propriété
Le droit de propriété peut être scindé entre usufruit et nue-propriété. L’usufruit confère à son titulaire la faculté d’utiliser le bien et d’en percevoir les fruits, notamment les loyers lorsqu’il s’agit d’un immeuble locatif. Le nu-propriétaire, pour sa part, détient le droit de disposer du bien, sans en avoir la jouissance immédiate. Dans le cadre d’une donation avec réserve d’usufruit, les parents transmettent la nue-propriété à leurs enfants tout en conservant l’usage ou les revenus du bien. Au décès de l’usufruitier, la pleine propriété se reconstitue de plein droit entre les mains du nu-propriétaire, sans formalité particulière. La répartition des charges est encadrée par le Code civil : l’usufruitier supporte en principe les dépenses courantes, tandis que les grosses réparations incombent au nu-propriétaire, sauf stipulation contraire prévue dans l’acte.Un mécanisme d’optimisation successorale encadré
L’intérêt du démembrement réside également dans son traitement fiscal. Les droits de donation sont calculés sur la seule valeur de la nue-propriété, déterminée selon un barème légal fonction de l’âge de l’usufruitier, fixé à l’article 669 du Code général des impôts. Ce dispositif peut se cumuler avec les abattements applicables aux donations, notamment l’abattement de 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les quinze ans. Au décès de l’usufruitier, la réunion de l’usufruit et de la nue-propriété s’opère sans imposition supplémentaire. Sur le plan pratique, certaines décisions, telles que la vente du bien, requièrent l’accord conjoint de l’usufruitier et du nu-propriétaire. La mise en place d’un démembrement suppose ainsi une rédaction précise de l’acte et une coordination étroite des parties, justifiant l’intervention d’un notaire afin d’en sécuriser les effets civils et fiscaux.Historique
-
Loi n° 2026-248 du 7 avril 2026 : nouvelles règles de sortie de l’indivision et de gestion des successions vacantes
Publié le : 21/04/2026 21 avril avr. 04 2026Brèves Juridiques / Droit de la famille et du patrimoineL’inertie des indivisaires ou l’absence d’héritiers identifiés exposent fréquemment les biens concernés à une dépréciation progressive. Charges imp...
-
Donation avec réserve d’usufruit : organiser la transmission sans perdre l’usage du bien
Publié le : 11/04/2026 11 avril avr. 04 2026Brèves Juridiques / Droit de la famille et du patrimoineAnticiper la transmission d’un bien tout en en conservant l’usage constitue une stratégie patrimoniale couramment mise en œuvre. Le démembrement de...
-
Apport de la loi finances 2026 quant à la taxation des revenus de capitaux mobiliers (RCM)
Publié le : 30/03/2026 30 mars mars 03 2026Brèves Juridiques / Droit de la famille et du patrimoineBrèves JuridiquesLa loi n° 2026-103 du 19 février 2026, en son article 126, modifie les modalités d’imposition des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values...
-
Pacte Dutreil et loi de finances 2026 : évolutions
Publié le : 18/03/2026 18 mars mars 03 2026Brèves Juridiques / Droit de la famille et du patrimoineLa transmission d’une entreprise familiale représente un enjeu patrimonial déterminant. Elle dépasse la seule dimension économique pour englober la...